RETOUR A L ACCUEIL                                    Colombie, 2011

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CURACAO - CABO DE LA VELA - SANTA MARTA

Après avoir consulté la météo à maintes reprises, nous décidons de partir le mercredi 26 octobre vers 7 heures. Nous sommes seuls, laissant Eol à Curaçao achever ses travaux.
La mer est plate, le moteur ronronne. Vers 14 heures, le vent se lève et les voiles se gonflent. L’alizé s’établit à 15 nœuds. Nous atteignons Aruba en début de nuit. De multiples lumières scintillent à l’horizon, droit devant nous. Nous comptons 20 pétroliers, tous feux allumés qui tournent en rond devant l’entrée du golfe de Maracaibo. Nous passons plusieurs fois devant leurs étraves, une situation légèrement angoissante vu les dimensions de ses géants des mers (30 à 40 mètres de large sur 200 mètres de long) mais leur vitesse étant réduite à 0.5 nœuds et la nôtre étant de 6 nœuds, nous les dépassons les uns après les autres. Flo et Sandra sont tous les deux sur le pont de 22h à 2h car deux paires d’yeux ne sont pas de trop.
Puis, sans lune mais sous un ciel étoilé, nous effectuons nos quarts de nuit bien aidés par le pilote automatique qui fonctionne à nouveau.

MONJES

Dans la matinée, nous sommes entre les îles des Monjes, énormes rochers arides, ultime île vénézuélienne. Le vent forcit à 20 nœuds avec des rafales à 25. Les vagues croisées, d’une hauteur de 2 à 3 mètres nous malmènent pendant 4 heures. Nous approchons d’un cap, le fameux Cabo de la Vela, redouté par les navigateurs : les fonds passent de 2000 mètres à 60, des montagnes très élevées créent des couloirs de vents…

VAGUES     VAGUES

En début d’après midi, la mer s’assagit. Les vagues croisées laissent place à une houle longue qui fait surfer Galinette. Le vent reste constant à 20 nœuds. Nous passons le cap tranquillement, à 2 miles de la côte. Nous pensions avoir des contrôles des gardes côtes à la frontière Venezuela-Colombie mais nous n’avons vu personne. Nous décidons vers 22h de mouiller à l’abri du Cabo de la Vela, en Colombie. Aidés de notre cartographie électronique (Opencpn) et du sondeur, nous avançons à l’aveugle et jetons l’ancre dès que le sondeur affiche 5 mètres. Ne connaissant pas les lieux, nous nous enfermons à l’intérieur pour la nuit.
Le lendemain matin, des voix nous réveillent. Ce sont des pêcheurs en pirogue qui remontent leurs filets à 10 mètres de Galinette. Heureusement, nous n’avons pas endommagé leurs filets lors de notre arrivée nocturne. L’un d’eux vient nous demander du Coca-cola et du pain, en effet nous sommes mouillés à quelques centaines de mètres des rancherias des indiens Wayuus.

VELA1     VELA2

Après une baignade au large à cause d’une invasion de méduses jaunes près de la côte (nous n’en avions jamais vu de semblable), nous mettons le cap sur les 5 baies. Nous installons le matériel de pêche. Dix minutes plus tard, Flo lutte pour remonter une énorme dorade coryphène qui se décroche à la jupe, emportant avec elle notre Rapala. Dégoûtés, nous remettons la traîne équipée d’un nouveau leurre. Dix minutes plus tard, nous pêchons une autre coryphène. Puis un thon de 6 kilos et un second, minuscule, que nous relâchons. De nombreuses touches se succèdent et se soldent par la perte de trois leurres supplémentaires. On nous avait pourtant dit que les eaux de Colombie n’étaient pas poissonneuses !!!

POISSON1     POISSON2

Le vent et la mer restent constants : 15 nœuds et deux mètres de creux.
Le lendemain matin, 29 octobre, nous rapprochant des côtes, le vent tombe et c’est au moteur que nous effectuons les 20 derniers milles.
Les montagnes verdoyantes des 5 baies sont en vue. C’est dans la baie de Guayraca que nous jetons l’ancre, à côté de Wind Song III, un bateau suisse croisé à Spanish water. La baie, très profonde, est bien protégée. Des huttes, des pirogues, une eau vert émeraude…

GUAYRACA     GUAYRACA     GUAYRACA

Un décor fort sympathique et très reposant après trois jours de navigation. Nous passons la nuit dans cette baie, retrouvant un instant les joies de la baignade. Reinaldo, un des pêcheurs de la baie, nous rend visite. Il collectionne les cartes de visites des voiliers de passage et est en train de devenir la célébrité locale. Nous lui donnons une photocopie de l’article sur la Colombie de « Voile magazine » dans lequel il est cité ; c’est la consécration !!!

REINALDO

Le lendemain, nous mettons 4 heures pour effectuer les 10 milles qui nous séparent de Santa Marta : vent de face, courant à 3 nœuds et vagues croisées. Santa Marta nous accueille finalement dans sa marina moderne et toute neuve.

Cette marina a été inaugurée il y a un an, la fréquentation est encore faible mais tout est fait pour attirer le plaisancier. Les enfants découvrent les promenades en voiture de golf sur les pontons, conduits par les marineros… A peine débarqués, Dino, l’agent de transit vient à notre rencontre afin d’effectuer les formalités d’immigration à notre place contre 50 US$. Cette pratique est courante en Colombie. L’escale la plus réputée dans le pays est celle de Cartagène des indes. De nombreux blogs de voyages décrivent son mouillage comme sale et peu sécurisant. Nous préférons laisser le voilier à Santa Marta et nous rendre à la ville touristique en bus. En attendant nos passeports, nous passons quelques jours à Santa Marta. Aujourd’hui cité balnéaire de près de 500 000 habitants, c’était la première ville coloniale  fondée en Amérique du sud en 1525. Les deux héros de la cité sont Simon Bolivar, « El Libertador » (mort ici en 1830 et dont le cœur serait conservé dans la cathédrale !) et Carlos Valderama, « El Pibe » footballeur international natif de la cité. Tous deux bénéficient de statues monumentales.

BOLIVAR     CATHEDRALE     OR     OR
 
Nous sommes surpris par la propreté des rues et la présence policière massive. Nous visitons successivement la cathédrale, la maison de la douane (construite en 1530) et le musée de l’or Tayrona. De belles pièces d’orfèvrerie indigène y sont exposées, représentant des divinités.
En ville, des vendeurs de rue proposent des légumes, des bibelots, des minutes de communication par téléphone… L’un d’eux vend d’excellentes « Limonades » (citrons pressés, sucrés et glacés) ; il nous demande nos noms, notre pays d’origine ; il est incollable sur les équipes de foot françaises et devient rapidement le meilleur ami de Lilian (le seul de nos prénoms qu’il connaît grâce à Lilian Thuram). L’insécurité ne semble pas être un problème ici. Nous mangeons plusieurs fois dans les restaurants locaux pour un prix dérisoire (un repas complet à 2€ : soupe, viande, légumes et une boisson).


LIMONADE
Dans la marina, de nouveaux voiliers arrivent tous les jours, nous suivons le même trajet vers Panama. Nous retrouvons Wind Song, Iaka, Quizas, Baies du monde ainsi que plusieurs équipages familiaux. Les enfants jouent ensemble sur les terre-pleins de la marina, en communiquant par gestes car ils ne parlent pas tous la même langue. Ils arrivent même à construire une cabane sur la digue de la marina ! La chatte de la marina « Shakira » séduit  nos enfants et nous passons près de l’adoption ! Le 1er novembre, Elsa, Lilian et Adrien de Lacaraba profitent de la forte proportion de bateaux anglophones pour célébrer Halloween et récolter de nombreuses sucreries.

CABANE     SHAKIRA     HALLOWEEN     HALLOWEEN

Nous partons le lendemain en bus pour Cartagène, à 6 heures de route. Nous croisons des moyens de transport très variés. Notre séjour va durer trois jours, nous logeons à l’Hostel Holyday, au centre historique…

TRANSPORT     TRANSPORT     TRANSPORT

Cette ville coloniale était la place forte des conquistadors qui y regroupaient l’or et les richesses pillées en Amérique du sud « El Dorado ». Elle fut progressivement fortifiée pour se protéger des flibustiers et corsaires. En 1811, la citée se proclama indépendante de la couronne espagnole et reçut de Simon Bolivar le titre de citée héroïque. Ses murailles ont permis le classement au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO.
Nous tombons en pleine célébration du Bicentenaire de l’indépendance de la ville, musiques et défilés sont au programme pour dix jours. La fête du bicentenaire est un évènement majeur couronné par l’élection d’une Miss. Les candidates sont poursuivies toute la journée par les Paparazzis…

FETE     AFFICHE     MISS

La « ciudad emurallada » est magnifique : ruelles pavées ornées de balcons, monuments, promenade en calèche… Les sculpteurs ont aussi laissé leur trace avec ces petits personnages mimant la vie quotidienne ou comme Botero avec ce nu bizarrement positionné devant la cathédrale !

BOTERO     SCULPTURE     SCULPTURE     SCULPTURE     BOTERO  

Nous sommes bien occupés par toutes ces visites ! Les énormes fortifications sont très bien entretenues et l’on se rend même à l’intérieur dans une ancienne citerne transformée en musée.  Le soir, la ville s’illumine et laisse place aux animations de rues et aux concerts.

FORTIFICATIONS FORTIFICATIONS FORTIFICATIONS  NUIT NUITNUIT

Après cette escapade, nous regagnons le voilier resté sagement amarré à la marina de Santa Marta. Nous ne tardons pas à prendre le large en direction de l’ouest et de l’embouchure du fleuve Magdalena qui charrie ses eaux boueuses des hautes montagnes colombiennes vers la mer des Caraïbes. La navigation dans cette zone est souvent désagréable car il faut éviter de nombreux obstacles et lutter contre le courant. Nous avons la chance de ne croiser que quelques pieds de jacinthes d’eau.

MAGDALENA     MAGDALENA     MAGDALENA

 En revanche, le courant contraire est bien présent et le vent absent… Le moteur de Galinette fonctionne 30 heures d’affilée pour arriver au large de Cartagène, 100 milles péniblement gagnés. Notre jauge de gasoil a considérablement baissé et nous sommes contraints de rentrer en baie de Cartagène pour refaire le plein !

PANORAMA

 Nous voulions éviter cette étape mais, au final, la navigation et le mouillage au cœur de la ville moderne sont assez dépaysants. De plus, nous profitons d’une belle vue sur les bastions coloniaux qui protègent les accès maritimes ainsi que d’une visite du Cuauhtémoc (navire école de l’armée mexicaine) qui fait escale ici. Pas de regrets !

CARTAGENE CUAUHTEMOC CUAUHTEMOC CUAUHTEMOC CARTAGENE

Le 15 novembre, en empruntant le chenal des cargos, nous mettons le cap sur les îles du Rosario, distantes de 20 milles. Les Colombiens sont très fiers de cet archipel aux eaux cristallines et les plus riches y bâtissent des villas sur chaque bout de terre émergée. On trouve même ici la villa de vacances présidentielle ! Le vent d’ouest qui souffle lors de notre passage nous laisse malheureusement sur notre faim : la première nuit passée au mouillage est très agitée et l’eau très trouble ( 50 cm de visibilité au maximum). La courte exploration en annexe terminée, nous levons l’ancre à la nuit tombée pour l’archipel des San Blas, 180 milles à l’ouest, une région du Panama contrôlée par les Indiens Kunas.

ROSARIO     ROSARIO PRESIDENT     ROSARIO


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