RETOUR A L ACCUEIL                               Archipel des Canarreos (Cuba)

            retour au sommaire


Le passage providentiel des pêcheurs de langoustes fait bien plaisir à Florent, bien qu’au réveil, il ne s’aperçoive pas immédiatement de la présence dans l’évier des trois langoustes monstrueuses.

LANGOUSTE2   LANGOUSTE   LANGOUSTE   LANGOUSTE

Galinette est ancré dans les herbiers du canal du Rosario, loin de la plage et des récifs car ses deux mètres de tirant d’eau ne permettent pas d’approcher plus. Nous passons la journée à bord, pour récupérer des 5 jours passés en mer. Le lendemain, nous changeons de mouillage pour nous positionner au plus près de la plage du Cayo Rosario car nous avons tous envie de nous dégourdir les jambes. Cette île fait partie de l’archipel des Canarreos qui s’étend au sud de Cuba, de l’île de la Juventud à Cayo Guano del Este. Une barrière de corail protège cette zone de la houle de sud-est sur une centaine de milles. Une passe dans le récif permet d’ancrer à environ 500m d’une magnifique plage longue de 8 km. Nous débarquons et apercevons l’intérieur de l’île et sa végétation. Sur la partie côtière poussent des Filaos (casuarinas) dont la silhouette rappelle nos pins méditerranéens tandis que le centre de l’île héberge une multitude de petits palmiers inconnus. Au sol, des marques de gros iguanes et des empreintes qui ressemblent à des singes attirent notre attention. Ce beau paysage se termine par des falaises de 3 mètres de haut, formées de strates de sable pétrifié. En dessous, plusieurs Cairns (empilements de pierres plates) sont édifiés. Voyant là le signe du passage de voiliers, nous édifions le nôtre, sur fond bleu du bassin du Yucatan. Le lendemain, pendant la traditionnelle séance de C.N.E.D matinale, quelqu’un frappe à la coque du voilier ; nous sommes très surpris car nous étions persuadés d’être seuls. Trois hommes dans une barque à rame nous saluent et nous proposent… des langoustes que nous acceptons.

ROSARIO ROSARIO ROSARIO ROSARIO ROSARIO

Il s’agit des gardiens de la réserve, ils habitent sur l’île voisine (Cayo Cantilles) et viennent nettoyer la plage qui est un lieu de ponte des tortues marines. Dans l’après midi, nous les rejoignons à la plage et bavardons un moment pendant que Lilian et Elsa s’éclatent dans l’eau. Ils nous apprennent que ces palmiers sauvages s’appellent des Guanos de Costa (Trinax radiata) et que les empreintes suspectes sont celles des Jutías (sorte de ragondin). Seulement quelques singes vivent sur l’îlet voisin dont leur primate apprivoisé : Wikileaks.

La façade maritime du Cayo Rosario est protégée par une longue barrière de corail sur laquelle pullulent les poissons, nous y faisons de superbes excursions sous-marines avant de quitter ce petit paradis pour l’île de Cayo-largo.

MARINA

La marina de Cayo Largo, assez moderne et artificielle, est un passage obligé pour faire notre entrée officielle dans le pays. Ce n’est pas un mythe, les formalités ici sont assez complexes mais se déroulent dans une atmosphère assez sympathique :

1°) Les Garde-frontières nous cueillent dès l’arrivée à quai, recueillent les premiers renseignements et contactent les autres fonctionnaires.

Nous n’avons pas le droit de débarquer avant la visite du médecin…

2°) Le médecin assermenté monte à bord, nous demande d’où l’on vient, si nous sommes vaccinés et si nous n’avons pas la diarrhée… Estimant que nous sommes sains, il établit notre certificat de libre pratique.

3°) Le vétérinaire et l’ingénieur de la quarantaine végétale inspectent nos vivres, recherchent des parasites et de la viande avariée. Très aimables, ils nous posent des questions sur la vie en France et notre voyage pour leur culture personnelle. Ils tolèrent les conserves industrielles et ferment les yeux sur nos oignons colombiens et le poulet surgelé malgré le risque sanitaire important … et précisent qu’il faut les consommer avant la prochaine inspection car ils peuvent avoir des problèmes !

Ils précisent aussi que tous les déchets alimentaires du bateau doivent être déposés dans des sacs fermés à la « poubelle internationale » afin d’éviter l’importation de parasites sur l’île.

4°) L’agent de l’immigration valide nos visas touristiques pour trente jours.

5°) Le douanier établit le document d’importation temporaire du voilier, validité : deux mois.

6°) Le responsable de la marina vient vérifier que l’on a une couverture médicale et une assurance avant de nous présenter les tarifs et de nous souhaiter la bienvenue.

7°) Les Gardes-frontières reviennent à bord, vérifient que personne n’est caché dans les cabines et nous remettent le permis de Naviguer ! Fin du défilé.

OFFICIELS   POUBELLE

(Médecin 25CUC,Vétérinaire 10 CUC, Ingénieur agronome 10 CUC, visas 15x4 = 60CUC, Importation douanière 20CUC, permis de navigation 10CUC, despacho de sortie 15CUC).
Coût total en 2012 : 150 CUC (prononcer C ou C)

Le CUC ou Peso cubain Convertible est la monnaie des touristes à Cuba, elle représente environ un Dollar US ou 25 Pesos Nacionales, la monnaie des cubains.
Aujourd’hui, ces deux monnaies coexistent à Cuba : touristes et étrangers peuvent en posséder légalement. Les achats sur les marchés, les boulangeries se règlent en Moneda nacionale et les produits importés ou de luxes en CUC (savon, biscuit, bière).

Ici, à Cayo largo, tout a été créé pour les touristes (en grande partie Québécois ou Est-européens) et le faible avitaillement disponible correspond à nos prix français, les boutiques, la marina, le restaurant, la pompe à carburant appartiennent à Marina Marlin : une entreprise d’état qui régule les tarifs. Nous sommes très étonnés devant le faible choix dans les boutiques à touristes, pourtant prêts à dépenser des devises. En revanche, nous arrivons à faire remplir notre bouteille de gaz de 13 KG à embout français aux ateliers de la marina…

CUBALIBRE

Au restaurant, nous avons le choix entre pizza et (parfois) poulet… Nous sommes heureux d’avoir à bord des stocks de nourriture !
Le bar attenant est le fief de tous les officiels qui attendent une entrée de bateau pour faire leur travail. Le chef garde-frontière, plus détendu que lors de notre première rencontre, initie Lilian au billard, le vétérinaire nous présente sa femme…

Sur les catways alentours, on trouve plusieurs bateaux de charters battant pavillon allemand dont les locataires sont russes, polonais, allemands ou français. Deux sociétés de location sont basées à Cienfuegos et Trinidad (côte sud de Cuba). Elles proposent des catamarans assez endommagés : un équipage français avec qui nous sympathisons s’est aperçu que le quillon (lest) d’un flotteur était absent !

L’autre quai du port est occupé par les bateaux d’excursion à la journée qui déversent par dizaines les clients des hôtels sur les plages des environs. Il faut reconnaître qu’elles sont très belles et une fois désertes, elles nous servent de salon de coiffure, sous l’œil inquiétant de gros iguanes.

LARGO  LARGO  LARGO LARGO

 Nous restons dans les parages de Cayo largo environ une semaine, le temps de laisser passer un front froid. C’est un phénomène météo propre au grandes Antilles, aux Bahamas et à la Floride. Un coup de vent du nord s’engouffre dans le détroit du Yucatan et arrive en général très atténué mais nous préférons nous en méfier.

Comme il est très difficile d’accéder à Internet (les cartes Internet de recharge n’ont pas été livrées à la marina), nous récupérons sur la B.L.U les fax- météo américains de la NOAA et les informations intéressantes du « Réseau du Capitaine », en québécois, ce qui fait rire les enfants à l’heure du petit déjeuner.

Ce coup de vent n’est pas fort mais il nous a glacés jusqu’aux os, les polaires et les pantalons à jambes longues ressortent des cales. Nous sommes sûrement un peu déréglés car il fait tout de même 22°C !

CAYO LARGO

Nous quittons Cayo largo le 6 février en direction de l’est : Cayo Guano del Este. Un garde-frontière vient à bord s’assurer que nous n’avons caché personne à bord et nous sommes libres !

Le vent est avec nous sur les trente milles de route. L’eau est plate car nous sommes parés par la barrière et l’allure soutenue ; des conditions de navigation très agréables rarement rencontrées, avec un point de repère impressionnant : le phare qui délimite la fin de l’archipel des Canarréos qui semble sorti de « Tintin, on a marché sur la lune ».

Il n’y a personne au mouillage sous le vent de l’île à part nous. Comme d’habitude, Flo fait une apnée pour vérifier si l’ancre tient, il revient ce coup-ci avec deux langoustes et les mains en sang car il n’avait pas prévu de gants… Dur, dur !

PHARE   GUANO   GUANO

Au réveil, le lendemain matin, deux pêcheurs dans une barque rafistolée qui ne flotte plus que grâce aux blocs de polystyrène ficelés autour nous appellent. Ce sont les deux gardiens du phare, ils partent à la pêche dans leur véhicule de fonction et nous demandent si on peut leur donner de l’huile de cuisson car ils sont à sec. Ils  seront relevés dans trois jours et en sont à leur 27ème jour sur ce caillou. Ils nous proposent aussi de débarquer et de visiter le phare.
En fin de matinée, nous gravissons les quelques 230 marches en colimaçon pour accéder en haut de ce mirador de 45m. La vue est à couper le souffle, notre voilier au format Playmobil semble flotter entre les patates de corail et on discerne des barracudas en chasse.

PANORAMA

Le gardien nous explique que l’optique et le mécanisme du phare sont français et datent des années 1970. Ils sont entretenus amoureusement. Il y a ici une présence humaine car il faut grimper deux fois par nuit pour remonter le balancier qui met les lentilles en rotation. Evidemment, le groupe électrogène est en panne et la grosse ampoule ne peut fonctionner ; une seule minuscule ampoule sert de repère lumineux, dommage !

PHARE PHARE PHARE PHARE

Les gardes, eux, nous disent qu’ils sont satisfaits de leur sort et nous font visiter leurs beaux appartements du rez de chaussée. Le lendemain, nous explorons la partie Est du récif et en profitons pour récupérer un peu de nourriture ( 5kg de poisson et 3 de langouste) avant le départ de nuit vers les jardins de la reine, une centaine de milles plus loin.

HAUT DE PAGE