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Horta  du 28 mai au 6 juin

L’archipel des Açores, région portugaise indépendante, regroupe neuf îles. Situées à environ 1500 kilomètres à l’ouest du Portugal continental, elles sont situées à la jonction des plaques tectoniques Eurasienne et Africaine. La faiblesse de la croûte terrestre a engendré de multiples éruptions volcaniques qui donnèrent naissance à ces petits éclats d’Europe perdus en plein océan Atlantique.

carte

Horta est l’un des principaux ports d’arrivée après une transat Antilles-Europe. Une grande concentration de voiliers rejoint les pontons. La marina, trop petite durant trois mois, oblige les bateaux à accoster à couple, à triple, à quatre et quelquefois à cinq…

MARINA

Galinette est seul en bout de quai les trois premiers jours, puis à couple d’un Lagoon 420, puis pris en sandwich avec Louisa-One, un Océanis 36 rencontré à St Martin arrivant de 19 jours de mer. Greg, le capitaine et Loïc son équipier semblent bien contents que nous leur proposions notre bâbord.

GREG  TRIPLE  LOIC

Chaque équipage est fier d’apposer sa fresque sur le quai, le trottoir, la digue du port, marquant ainsi son passage aux Açores. Sandra, interrompue maintes fois par les averses, peint une galinette en bout de quai, à l’endroit même où les garçons ont débarqué le 28 mai 2012.

QUAI SANDRA GALINETTE SANDRA SANDRA

Nous flânons à la recherche de tags artistiques ou de bateaux connus et retrouvons : Harpo, Ile de jade, E cosi, Papaye, Tara, et une autre coccinelle, britannique et inconnue…

tag TAG TAG TAG TAG

Tous les marins, de nationalités variées: suédois, norvégiens, suisses, britanniques, français, espagnols, italiens ou américains (rares) se retrouvent chez Peter, le bar mythique du port pour des soirées conviviales où l’on commence à parler en anglais, en ajoutant un peu d’espagnol et quelques mots de français ! Tout le monde se comprend et se raconte… des histoires de Transat ! Les Açoriens sont d’ailleurs impressionnants car ils parlent presque tous l’anglais et comprennent en majorité le français.

peter

Après quelques soirées sympathiques chez Peter, les équipiers de Florent retournent en France ou du moins essayent… En effet, l’avion d’Alain et Laurent est annulé pour cause de tempête. Ils quittent Horta en ferry pour l’île de Terceira, 70 milles plus à l’est et dotée du plus grand aéroport des Açores. Le lendemain, un avion les amène à Lisbonne où ils doivent encore patienter 2 jours car tous les vols pour Toulouse sont complets… Le retour fut laborieux pour eux !

VAGUE VAGUE VAGUE

Il faut dire que la tempête qui les a empêchés de partir était violente : force 9 à 10, vents à 50 nœuds. Les équipages en mer ont subi de la casse, voiles déchirées et beaucoup de sensations fortes. Un voilier américain arrivé au plus fort de la tempête a d’ailleurs mal fini… Rassuré sans doute par la digue de l’entrée du port, celui-ci allume son moteur mais l’écoute de grand voile traîne à l’eau et se prend dans l’hélice. Sans moteur, il jette l’ancre en catastrophe. Celle-ci ripe et le voilier se fracasse sur la digue ! En réponse à ses SOS sur la radio V.H.F., le bateau pilote de Horta, celui de la capitainerie ainsi que l’annexe d’un gros yacht partent lui porter assistance. N’étant plus du tout manœuvrant, le voilier est tracté par le remorqueur à l’avant et maintenu sur les côtés par les deux annexes. Nous assistons malgré nous à l’opération car le convoi a frôlé Galinette lors des manœuvres… Sa ligne de flottaison n’est plus visible. Ce bateau est en train de couler… La grue de levage est déjà prête à recueillir l’esquif dans ses sangles. Une vingtaine d’hommes à terre prend le relais des bateaux et tire le voilier dans la darse à la force des bras.
Le bilan est lourd : plus de safran, la quille désolidarisés de la coque, l’arbre d’hélice tordu ainsi que trois larges brèches dans la coque en polyester… Le voyage de ce voilier se termine aux Açores mais l’équipage sourit, visiblement très heureux d’être encore en vie…

Trois jours plus tard, lorsque Françoise et Philippe doivent partir, leur vol est également annulé pour cause de mauvais temps… Ils passent un jour de plus à Horta dans un hôtel haut de gamme payé par TAP Portugal mais reviennent tout de même boire l’apéro à bord avec nous.

HORTA

Mais le temps n’est pas toujours mauvais ici !! L’été approche et nous profitons de quelques belles journées pour visiter Faïal.

BEAU BEAU BEAU

Cette île volcanique est étonnante ! La Ponta dos Capelinhos, sur la côte nord ouest porte encore les traces de la dernière éruption en 1957. On se ballade sur ce relief pentu, constitué uniquement de pierres volcaniques. On se croirait sur la lune ! Les enfants s’éclatent en dévalant la dune de sable noir en compagnie de Panda, notre nouveau compagnon de voyage : une femelle Border-Collie de 6 mois.

lave LAVE LAVE

Le reste de l’île est verdoyant. Le climat océanique des Açores permet une végétation déconcertante par sa diversité. On trouve aussi bien des hortensias (sous forme de haies qui bordent les routes) que des bananiers, des fougères arborescentes, des pins maritimes, des bruyères, des cycas et bien d’autres espèces… Des kilomètres de murets en pierre volcanique délimitent les parcelles où broutent les vaches. Le lait, le beurre et les fromages sont excellents ici. L’autre spécialité locale qui accompagne très bien ces derniers est le vin portugais, notamment le fameux vinho verde.

FLEURS FLEURS FLEURS FLEURS FLEURS

Les paysages côtiers sont sublimes, les falaises vertigineuses surplombent l’océan. Les habitants, d’une extrême gentillesse, se plient en quatre pour essayer de rendre service.

Faïal et Pico sa voisine étaient connues pour la chasse à la baleine et la production d’huile jusqu’en 1982. La visite des usines transformées en musée nous impressionne. Un homme, posté sur les hauteurs de l’île scrutait l’océan aux jumelles. Dès qu’il repérait le souffle d’un cachalot, il lançait une fusée qui avertissait les hommes du village. La chasse à la baleine était une activité complémentaire à leur travail. Chaque participant laissait son travail et courrait sortir la baleinière, longue barque à rame où embarquaient 8 hommes. Munis de harpons et de cordes, ils encerclaient le cachalot et le harponnaient à plusieurs reprises jusqu’à lui transpercer les poumons ; celui-ci finissait par se noyer. Il était tracté jusqu’à l’usine, ficelé par la queue. De gros treuils hissaient le monstre de 18 mètres sur un plan incliné jusqu’à la plate-forme de l’usine. Il était écartelé, décapité et découpé dans un bain de sang. La graisse était fondue pour donner de l’huile. La chair et les os étaient transformés en farine pour nourrir les animaux. Les dents de cachalot étaient récupérées et sculptées. Les cachalots fréquentent toujours les eaux des Açores, se laissant approcher par les bateaux d’observation de cétacés «  Whale-watching », une activité beaucoup plus pacifique !

Au-dessus de chez Peter, nous visitons le musée des « Scrimshaws », os ou dents de cachalots gravées et teintées à l'encre de chine, la plus grosse pèse 2,5kg, la plus chère est estimée à 25 000€.

DENTS  DENTS  DENTS

Les artistes y ont représenté des scènes de chasse à la baleine ou des personnages célèbres dont Peter Azevedo, son père et son fils. Le guide nous explique également la longue histoire de cette famille toujours prête à rendre service aux équipages en escales et de leur bar "café des sports", repaire de marins depuis des décennies. Peter s’appelait d’ailleurs José : il fut surnommé ainsi par un commandant de navire américain ; son surnom est resté.

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