RETOUR A L ACCUEIL                               De Gibraltar à Valras

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Le courant est favorable dans le détroit de Gibraltar ce lundi 9 juillet 2012 et nous permet d’entrer tranquillement en Méditerranée, en passant entre l’Afrique et l’Europe. Comme le conseillent les guides nautiques, le voilier Galinette a pointé son étrave devant tarifa 3 heures avant l’étale de pleine mer afin de bénéficier du courant créé par les eaux Atlantiques qui viennent remplir la mer Méditerranée.

detroit detroit detroit detroit detroit

Le vent monte même après Tarifa et nous permet d’entrer en baie d’Algeciras sous voiles, a plus de 7 nœuds vers 21 H. Après avoir évité plusieurs cargos, nous choisissons d’ancrer dans l’avant port de la marina de La Linéa de la Conception. Ce vaste bassin semble permettre le mouillage gratuit des bateaux de passage en avant de ses pontons neufs. Cela conviendra parfaitement pour cette nuit.

gibraltar

Le lendemain, nous passons la frontière hispano-britannique pour rendre visite aux singes du rocher.

frontiere   frontiere   frontiere

On profite du téléphérique pour se rendre au sommet  de Gibraltar. Les différentes colonies de singes sont habituées aux visites des touristes puisque certains primates attendent la nourriture dès la station d’arrivée! La plupart des femelles pouponnent en cette saison et les enfants passent l’après-midi à observer ces petits animaux sympathiques.

rocher rocher rocher rocher rocher

Nous passons quasiment une semaine à la Linéa, attendant une météo correcte pour poursuivre le périple vers Valras, notre port d’attache. Durant cette période, on bénéficie du défilé des chars de la ville car c’est le début de la Féria. Nous louons également une voiture pour faire un tour dans les terres andalouses, les champs d’oliviers ou de chêne-lièges.

castellar

Nous pouvons ainsi visiter, à la demande des enfants, le zoo africain Selwo à Estepona, le lendemain le delphinarium à Marbella et enfin, le troisième jour, le village médiéval de Castillar de la Frontera, beaucoup plus typique, autour duquel nous effectuons une petite randonnée de 4 km jusqu'au lac.

rando   rando   rando

Mais cette semaine a été quand même un peu galère : lors de la visite de Gibraltar avec le chien, nous avions décidé de faire le tour du rocher à pied, mais au bout de 5 km de marche sur le bitume, Panda s’est mise à saigner des 4 pattes, les griffes usées jusqu'au sang à force de tirer sur sa laisse pour essayer d'attaquer les voitures! Il a fallu la porter pour éviter le carnage. Voilà Flo portant Panda sur ses épaules, tel le berger de la crèche!!! Depuis nous surnommons le chien, la petite! Après 2 jours de convalescence au bateau, il n'y parut plus rien.

Deuxième galère (le même jour) l'ordinateur portable ne veut plus s’allumer. Celui de secours (des enfants) nous ayant lâché aux Antilles, nous sommes décomposés... Plus de météo, de messagerie Skymate, de logiciel et de guides de navigation... Plus de photos des Açores, de mise à jour du site, etc.  Après deux jours d'essais avec le vieux PC que Lolo nous avait laissé à bord,  nous décidons d'en acheter un autre. Pas si facile puisqu'ils ont ici un clavier Qwerty: nous optons pour un PC fixe auquel nous changerons le clavier en France. Pas très adapté à la table à carte du voilier, nous le ficelons dans un placard et réussissons à transférer le disque dur du PC défunt à l'intérieur! Ça va beaucoup mieux et nous récupérons toutes nos données !

La météo aussi semble devenir favorable. Nous partons à 2 heures cette nuit du 19 juillet 2012 avec la marée haute pour au moins 48 heures de navigation jusqu'à Carthagène ou Alicante. Il n’y a pas ou peu de vent  mais la mer lisse nous laisse franchir tranquillement la pointe Europa, en réalisant que nous venons de franchir les colonnes d’Hercule de l’antiquité : les deux montagnes de part et d’autre du détroit. Elles symbolisaient la frontière entre le monde civilisé et le monde inconnu.

colonnes                                colonnes

Dans ce monde  « civilisé », nous arrivons à naviguer le jour à la voile aux environs de 4 nœuds puis le vent tombe avec la nuit. Le moteur tourne toute la nuit puis le vent revient avec le soleil. Ce rythme maintenu pendant 2 jours et demi nous permet de voir défiler Marbella, Almeria, le Cabo de Gata, Cartagena et le Cabo de Palos. Ces paysages ne nous ravissent pas, alternant entre villages sécurisés artificiels ou grandes zones de cultures sous serre. Une fois le cap franchi, nous naviguons devant la Mar Menor, une mer intérieure derrière le cordon dunaire. La cote est entièrement couverte d’immeubles. Nous arrivons finalement à Torrevieja, un grand port à proximité de Murcia. C’est le week-end et des dizaines de bateaux espagnols sont ancrés dans l’avant-port, ils retournent tous à quai dès la fin de la journée laissant Galinette seul au mouillage derrière la digue gigantesque. Nous profitons du musée de la mer pour visiter le sous-marin de guerre remisé dans le port, il est désarmé depuis 2004.

torrevieja   torrevieja   torrevieja

Le lundi 23 juillet à l’aube, nous continuons à progresser vers le nord en direction de la Catalogne. Malheureusement, le vent de sud prévu n’arrive pas ; le soir venu, alors que le voilier double le cap de Nao nous décidons de prendre un corps mort sous la falaise nord. Le paysage est magnifique, typiquement méditerranéen, en arrière plan d’une plagette de galets.

nao

Le vent prévu pour la zone du golfe de Valence est très faible mais on décide quand même de continuer vers la Costa Brava juste après une ballade matinale à terre. La date prévue du retour à terre approche à grands pas et nous souhaitons profiter de nos derniers jours à bord dans un bel endroit tout en étant à proximité de Valras-Plage. 220 milles encore à parcourir au moteur pour rallier le petit port de San Feliu de Guixol. Mer d’huile, pas de vent, il nous reste suffisamment de gasoil pour arriver, escortés par les dauphins.

dauphins                                    dauphins

Le port s’est bien équipé depuis le dernier passage de Florent il y a une dizaine d’année. Grosse surprise également sur la facture qui a largement évolué à la hausse : 96 € la nuit ! Une seule suffira pour refaire les pleins d’eau et d’énergie…

san feliu    san feliu   san feliu

Las, nous irons un peu plus loin encore, peut-être dans une crique… Elles sont toutes bondées et équipées de bouées dont les tarifs varient entre 25 et 50€ tout de même ! Le retour des Antilles à la réalité nautique de Méditerranée est brutal ! La cala Montgo, à proximité de la Escala aura finalement nos faveurs. Sur les falaises qui surplombent la baie, de nombreux chemins de randonnée nous permettent de passer trois jours des plus agréables.

montgo   montgo   montgo

L’eau est très claire, le paysage est agréable, cela sent bon les pins et la garrigue ; il y a peut- être un peu moins de monde ici que dans les criques alentours. Nous avons quand même droit au spectacle désolant de trois bateaux enchevêtrés par leurs ancres jetées à la va-vite qui heurtent à leur tour d’autres embarcations. Les passagers et les skippers s’insultent, s’enfuient… Il va nous falloir du temps pour se refaire à l’ambiance de navigation du coin…

Le 31 juillet 2012 on part aux aurores en direction du Cap Creus, la dernière difficulté technique potentielle du voyage. Galinette traverse l’étroit passage entre l’île Encalladora et les falaises du cap comme une lettre à la poste, vient ensuite le Cap Cerbère : nous sommes revenus en France Métropolitaine!

creus   creus

Le loch indique près de 16 000 milles (environ 30 000 km) de plus que lorsqu’il a coupé cette frontière franco-espagnole la dernière fois : un beau tour de l’Atlantique !

Nous retrouvons progressivement les eaux du Golfe du Lion et vers 20 H nous apercevons l’amer remarquable de Valras : la tour Bel Horizon. On ne tentera pas une entrée de nuit au port ce soir d’autant plus que la météo marine parait clémente. 21 H : l’ancre tombe sur le fond sableux devant la plage des Orpellières.

arrivée   arrivée

Le réveil est mouvementé car le vent d’est s’est levé dans la nuit, nous effectuons en pneumatique une reconnaissance rapide du port et des berges de l’Orb. L’employé de la capitainerie nous propose gentiment son aide pour accoster.

8 H, il est temps pour Galinette d’aller à quai, la vedette des Douanes « Cers » passe amicalement nous souhaiter une bonne journée avant que l’on franchisse la digue.

douanes

Deux amarres lancées, une bouée attrapée à la gaffe… On est à la maison…

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