RETOUR A L ACCUEIL                         République Dominicaine, 2012

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Départ d’Haïti le 15 mars vers 16h. Aucune escale n’est possible le long de la côte haïtienne, trop incertaine.  Au moteur, sur une mer calme mais avec un courant de 1 nœud de face, nous progressons lentement. Il faudra 36 heures pour atteindre le mouillage de « Los aguillas » en République Dominicaine. L’ancre est jetée de nuit.

Au petit matin, nous sommes seuls devant une plage de sable blanc de trois kilomètres de long. C’est avec plaisir que nous allons nous dégourdir les jambes à terre. Mais l’escale est de courte durée puisque la météo, favorable, nous pousse à passer le « cabo Béata », généralement soumis à des vents assez forts.

aguillas   AGUILLAS

Dès que les enfants sont couchés, nous reprenons la mer, longeant la côte au plus près afin d’être protégés du vent. Vers deux heures du matin, le régime moteur baisse brusquement et la vitesse ralentit. Le bateau vibre. Sandra est de quart, elle coupe les gaz car nous avons quelque chose dans l’hélice. Flo et Elsa réveillés par l’arrêt du « ronron » du moteur se précipitent dans le cockpit. Nous essayons de redémarrer le moteur, le GPS indique une vitesse de 0.0 nœud. Nous avions investi dans une lampe baladeuse étanche, c’est une bonne occasion pour l’essayer. Nous l’accrochons à l’échelle et Flo n’a d’autre choix que de plonger sous le bateau. Arrimé par un bout autour du bras pour ne pas se faire emporter par le courant, il plonge dans l’eau sombre. Des centaines de petits poissons et de calamars, attirés par la lumière, lui tournent autour. Le filin d’un casier de pêche est entortillé autour de l’hélice. Il sectionne le bout pour nous libérer. Nous repartons, encore abrités par la falaise et tout en évitant deux barques de pêche ancrées et sans lumière. A l’aube, Galinette affronte le cap Béata, vent de face et dans des vagues de trois mètres. Nous sommes malmenés durant deux heures puis la mer s’assagit progressivement quand nous remontons le long de la côte… En fin d’après-midi, on arrive à Barahona, une ville moyenne de 100 000 habitants où l’on peut faire l’entrée dans le pays. Nous sommes dimanche soir mais les autorités, un peu éméchées, montent à bord : agent de l’immigration et officier de la marine de guerre. Ils sont très sympathiques mais réclament chacun 10$ de plus que la somme légale. Une fois les formalités terminées, nous mouillons à l’abri d’une des digues du port commercial, devant le quai de chargement des cargos. L’endroit, que nous trouvons un peu glauque, s’avère être un mouillage très calme et au pied de la ville.

BARAHONA   BARAHONA   BARAHONA   BARAHONA

Nous passons quatre jours à Barahona, heureux de retrouver des supermarchés bien achalandés après deux mois d'austérité cubaine: les enfants achètent des M&M’s, du chocolat et des cookies, les grands s’offrent de la viande, du vin et des brocolis… Et le plus beau cadeau pour tous, une clé 3G Claro valable un mois pour se gaver d’Internet à bord de Galinette tant que l’on sera en République Dominicaine !
Conduit par le militaire qui à validé notre entrée dans le pays, le capitaine part à la recherche de gasoil. La station essence est assez éloignée du port et c'est en mobylette qu'il faut effectuer plusieurs aller-retours, en tenant à bout de bras les jerrycans remplis. Le véhicule supporte assez bien son chargement de 200 kg!
Lassés de la ville, nous partons vers l’est, à une vingtaine de milles. Nous mouillons devant le petit village de Palmar de Ocoa en compagnie d’un autre voilier battant pavillon namibien. Promenade dans la petite station balnéaire où s’alignent des résidences secondaires de dominicains, repas au restaurant sur la plage qui sert de délicieux poissons grillés. Nous sommes contrôlés par des marins de guerre qui nous demandent notre « despacho » (chaque changement de mouillage doit être noté sur ce document et validé par l’armée).
Ils tiquent un peu car la destination inscrite est Boca Chica mais nous laissent tranquilles. Finalement, nous resterons deux jours car le vent est fort et nous préférons attendre de meilleures conditions.

PALMAR

Nous allons jusqu’à Salinas, vent de face et stoppons derrière la pointe sans débarquer, prêts à partir dans la nuit lorsque le vent sera tombé. Nous restons de 12h00 à 18h30 devant cette plage sans voir personne. A 18h45, alors qu’il fait presque nuit, nous entendons hurler sur la plage : Despacho ! Despacho ! Les marins de guerre, venus en mobylette, viennent de détecter notre présence et nous demandent de les rejoindre car ils n’ont pas d’embarcation. Florent, fou de rage, met l’annexe, qui était ficelée sur le pont, à l’eau. Suite à un entretien de 30 minutes, ils nous confisquent notre despacho en nous ordonnant de mouiller devant la marina de Salinas. C’est donc de nuit, sans aucune visibilité que nous entrons dans la baie de Salinas, en évitant de justesse une bouée verte éteinte, balisant le chenal. Le lendemain matin, nous nous rendons à leur bureau et, très gentiment, ils nous refont un nouveau « despacho » de Salinas vers Boca-Chica, sans même demander de dessous de table. Finalement, cet arrêt forcé nous permet de visiter Salinas et nous en repartons vers 16 heures, sur une mer d’huile.

Le lendemain matin, le 27 mars, nous contournons l’îlet devant la marina Zarpar à Boca Chica. Le chenal n’est pas balisé et un banc de sable se trouve en plein milieu. Malgré les consignes d’entrée données par des voiliers croisés quelques jours plus tôt, nous nous échouons en beauté ! Quelques coups de marche arrière et ça repart ! Nous choisissons de nous mettre sur bouée, à 15$ la nuit avec accès à l’eau, aux sanitaires et à la laverie. Il y a très peu de fond. Notre sondeur indique 2m30 à marée basse. Le mouillage est bien protégé par une digue artificielle. La marina, construite sur le modèle américain, est très moderne et bien équipée.

zarpar

Nous hésitons à effectuer le carénage de Galinette ici. En effet, la grue peut nous lever sans problème, le shipchandler vend l’antifouling et les anodes. Seul hic, on ne peut pas effectuer le travail nous-même et devons passer par un intermédiaire italien qui fait faire le boulot à des ouvriers dominicains (400$).  Ca ne nous emballe pas, d’autant plus que nous n’avons pas le bon feeling avec ce personnage, trop exubérant et collant pour nous!
Nous décidons de visiter Santo Domingo, la capitale de la République Dominicaine, situé à 30 kilomètres de Boca Chica. Un taxi nous y conduit et nous dépose devant l’ambassade des Etats-Unis car nous souhaiterions faire établir des visas pour Porto Rico. Les employés nous informent que ce n’est pas possible car il faut avoir une adresse en R-D. Il fallait faire la démarche en France avant notre départ. Nous ne pourrons pas nous arrêter en territoire américain dans la suite du trajet. Espérons que les Cost-guards ne nous chassent pas de leurs eaux territoriales!

SANTOD SANTOD SANTOD SANTOD SANTOD

Nous visitons le musée d’art moderne, prenons le métro (français), remontons le malécon avec ses deux obélisques : le mâle au sommet pointu et, en forme de diapason, la seule obélisque femelle au monde issue de génie artistique (très discuté) du dictateur Trujillo qui régna sur le pays durant 31 ans.

OBELISQUE   OBELISQUE

Nous passons la nuit à l’hôtel El Senorial pour 45$ la nuit à 4 personnes. Le lendemain, équipés d’audio guides, nous visitons le musée de Casas Réales qui retrace l’histoire du pays depuis sa découverte en 1492 par Christophe Colomb. La Calle de las Damas, première rue pavée de cette époque, aligne de nombreuses et séduisantes bâtisses coloniales.

PIGEON PIGEON JAMON PIGEON

L’après midi, nous quittons le centre historique pour nous rendre au jardin botanique. Un petit train nous ballade dans les allées, passant des plantes exotiques au jardin japonais.

BOTANIQUE BOTANIQUE BOTANIQUE

Mais le plus attendu par les enfants est certainement le nouveau parc des dinosaures. Lilian est aux anges !

DINO DINO DINO

De retour à la marina, nous refaisons l’approvisionnement du bateau au supermarché Olé, semblable à ses confrères européens. Nous profitons également quelques heures de la plage et des restaurants.

RESTAURANT RESTAURANT RESTAURANT RESTAURANT

Beaucoup de dominicains se retrouvent ici pour passer le week-end de Pâques, c’est devenu la station balnéaire des locaux depuis que les grands groupes hôteliers ont bâti des complexes au nord-est de l’île. C’est apparemment très « tendance » de se montrer ici, chacun fait son possible pour se faire remarquer : gros muscles, tout petits-petits bikinis, gros bateaux, belles escort-girls, etc. On a même vu un pneumatique volant !

BOCA CHICA BOCA CHICA BOCA CHICA BOCA CHICA BOCA CHICA

Le 2 avril, nous quittons la marina à la tombée de la nuit pour l’île de Saona, à l’extrême Est de la R-D. Au petit matin, nous mouillons devant une plage paradisiaque. La grève idyllique est pour nous seuls, mais pas pour longtemps car les  bateaux de « day-charter » arrivent vers midi et colonisent toute la plage… Peu importe, nous pique-niquons à l’ombre d’un cocotier. Vers 17 heures, alors que les touristes sont repartis, un homme gesticule sur la plage en criant : Despacho !! Despacho !! Nous levons l’ancre et, lassés de la paperasserie, fuyons le pays sans se soucier de ses vociférations…




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