RETOUR A L ACCUEIL                              San Blas (Panama) 2011

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Au bout de 40 heures de moteur et seulement 8h de voile, les îles San Blas sont en vue. A 3 milles de notre but, une masse flottante jaunâtre nous barre la route. Elle s’étend sur des kilomètres et pas moyen de l’éviter. Sandra lance le bateau et, moteur au point mort, nous traversons l’obstacle qui mesure 5 à 10 mètres de largeur et 2 à 3 mètres de profondeur : des algues, des noix de coco, des bois et troncs d’arbres, quelquefois des arbres entiers déracinés lors des crues, mais aussi l’œuvre de l’homme avec des chaussures, des bouteilles, des morceaux de cordages, des bidons… Deux courants se rencontrent ici et arrêtent, par la même occasion, tous les déchets charriés par la mer, épargnant ainsi les îles des San Blas.

MASSE

Enfin nous ancrons devant les îles de Coco Bandero. Le paysage que nous découvrons est magnifique : petites îles dispersées le long de la côte, allant de dix à une centaine de m² tout au plus. Une eau transparente où des centaines d’étoiles de mer viennent se reproduirent dans trente centimètres d’eau ; du sable blanc et des cocotiers.

ETOILE1     ETOILE2      ETOILE3

Nous sommes en territoire Kuna Yala, une zone du Panama contrôlée par les indiens Kunas ; natifs de cette région, ils sont environ 50 000. Sur chaque île ou presque, une hutte faite de palmes de coco abrite une famille d’indiens.

HUTTE

Ils se déplacent en pirogues, creusées dans un tronc d’arbre, à la pagaie. Afin de pouvoir aller d’îles en îles, certains ont mis une voile sur un mât en bambou qu’ils peuvent replier et ranger à plat au fond de leur pirogue.

PIROGUE1     PIROGUE2     PIROGUE3

Seuls quelques-uns ont un moteur, ils font l’approvisionnement des familles les plus éloignées. Nous serons d’ailleurs taxés à plusieurs reprises en « gasolina ». Trois barques viennent nous demander de l’essence pour leurs moteurs hors-bord car il n’y en a soi-disant plus au village. Trois litres par-ci, trois litres par-là… 10 litres en moins en une matinée ! Nous avions prévu cette éventualité et avions pris un jerricane supplémentaire. Ces indiens n’ont pas l’électricité sur leurs îles mais ont tous un téléphone portable. Ils viennent voir les voiliers pour demander qu’on le leur recharge, mais les prises sont américaines, en 110 V et nous n’avons pas d’adaptateur !
Les hommes sont tous pêcheurs : les plus âgés pêchent à la traîne et les plus jeunes au fusil-harpon. Ils vendent leur chasse aux voiliers de touristes. Le fond des pirogues est tapissé de langoustes, de petite taille mais en grande quantité. Nous en achetons 15 pour 10$.

FOND

Les femmes, vêtues de leur costumes traditionnels visitent les voiliers pour vendre des molas, pièces de tissus brodées sur plusieurs épaisseurs, représentant des animaux tropicaux ou des motifs traditionnels. Elles font aussi des bracelets de perles, les winnis, qu’elles mettent aux poignets ou aux chevilles. Les enfants sont parés, à bord du bateau, d’un collier chacun.

MOLA1   MOLA2  MOLA4  MOLA3

A chaque changement de mouillage, la famille d’indien vient essayer de nous vendre quelque chose, un mola, des colliers, des langoustes… mais si nous refusons, ils n’insistent pas.

Lors de nos snorkellings, les poissons « comestibles » sont assez rares. Mais nous voyons de très nombreuses et majestueuses raies léopards et américaines, d’une envergure de plus de 2 mètres parfois. Sandra a la chance de voir un requin nourrice : Flo l’a aperçu sous un rocher et l’a délogé. Il est petit ; un petit requin dormeur de 2 mètres nous passe devant ! Les fonds coralliens sont très diversifiés et en très bon état. Sous les patates, cachées dans des trous, des antennes pointent. Elsa harponne sa première langouste, Flo attrape quelques crustacés ainsi qu’un pagre qui bat tous les records : plus de 6kg vidé.

CRUSTACE1     CRUSTACE2     CRUSTACE3

Nous explorons plusieurs groupes d’îles : Coco Bandero, Green Island, Hollandes Cays, Chichime… A notre arrivée à Hollandes Cay, nous avons la surprise de retrouver l’équipage de Lacaraba avec Adrien. Les après-midi, nous avons à bord 3 enfants ou aucun.

LACARBA1  LACARABA2

Nous nous rendons aussi dans deux villages : Nargana et Carti.
Nargana : deux petites îles reliées par un pont où s’entassent 400 habitants. Très proche du continent, l’eau est marron (dès qu’il pleut, au moins trois gros orages par jour, les ruisseaux boueux se déversent dans la mer). Des huttes s’entassent côte à côte, certaines ont une minuscule paillote sur pilotis donnant sur l’eau pour les commodités.

CARTI

A Carti, selon l’indien qui nous sert de guide sur l’île, ils sont 2000 habitants à s’entasser sur une île de 50 m par 50. Ces arrêts dans les villages servent à nous ravitailler en produits frais (carottes, choux, tomates, pommes de terre, lait et œufs). Mais nous cherchons surtout du gasoil pour Galinette. Et à chaque village, on nous indique une autre île susceptible d’en avoir… Nous laissons tomber en espérant pouvoir pomper les derniers litres de la cuve. Depuis que Florent a enlevé un des trois filtres à gasoil du moteur, nous arrivons à utiliser le fond de la cuve.

Nous faisons un saut sur le continent, au mouillage de Nalia. Les indiens ont défriché des parcelles de jungle pour y faire des jardins, leurs « fincas ». En annexe, nous nous dirigeons vers le fond de la baie et trouvons des tunnels creusés au cœur de la mangrove. Après 100 mètres à la rame, nous débarquons. Les jardins sont à fleur de montagne, plantés de bananiers, d’ananas et de manioc. Ce doit être un travail de titan mais les fruits poussent bien. Les chemins sont plus que boueux et Elsa fait un beau vol plané !

FINCA1   FINCA2   FINCA3   FINCA4   FINCA5

Nous quittons ces îles après trois semaines pour aller se ravitailler et faire les formalités d’entrée. Les iles San Blas resteront un très bon souvenir.

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